Mouvement artistique: Maniérisme (1520-1580)

Le maniérisme est un mouvement artistique qui s’étend entre 1520 (mort du peintre Raphaël) et 1580. C’est une réaction amorcée par le sac de Rome de 1527 qui ébranla l’idéal humaniste de la Renaissance. Contrairement aux précédents mouvements artistiques, il n’est plus circonscrit à l’Italie. Il se propage en Europe où il perdure jusqu’en 1610.

Il se manifeste essentiellement en peinture. La sculpture, déjà libérée de toute entrave, suit simplement son cours et il n’y a guère d’architecture strictement maniériste.

Le terme « maniérisme » vient de l’italien manierismo (de l’expression bella maniera), dans le sens de la touche caractéristique d’un peintre en opposition avec la règle d’imitation de la nature. En cela, il fait partie des rares dénominations de courants artistiques importants surtout pratiqués sous le règne de François Ier.

L’enlèvement des Sabines
Giambologna (1579-1583)
archétype de la sculpture maniériste

Le jugement dernier
Michel-Ange (1475-1564)
La fresque est peinte sur le mur de l’autel de la chapelle Sixtine au Vatican. Le travail dura 6 ans.

Le maniérisme est une réaction à la perfection atteinte durant la Haute Renaissance dans la représentation du corps humain et dans la maîtrise de l’art de la perspective (théorie d’Alberti). À ce titre, on a souvent qualifié le maniérisme d’« art anti-albertier », notamment Pisanelli. Certains artistes, autour de Jules Romain et des élèves d’Andrea del Sarto, ont ainsi cherché à rompre délibérément avec l’exactitude des proportions, l’harmonie des couleurs ou la réalité de l’espace pour produire un nouvel effet émotionnel et artistique.

Mais, il ne faut pas voir seulement les artistes maniéristes en rupture vis-à-vis de la Renaissance. Ils revendiquent, par des citations et des références, un lien artistique avec les grands peintres de la Renaissance que sont Raphaël, Michel-Ange, Léonard de Vinci ou même Alberti.

Le style de la peinture maniériste a pour sources d’inspiration ces peintres notamment Michel-Ange (Le jugement dernier), connu par les architectes et les sculpteurs maniéristes pour ses peintures représentant des personnages aux postures semblables à des sculptures.

Le maniérisme se caractérise en outre comme un art de répertoire, où les artistes puisent chez Raphaël ou Michel-Ange des formules pour définir leur vocabulaire spécifique. C’est donc un jeu artistique de l’emprunt, mais aussi un jeu de codes et de symboles souvent troubles. Il s’adresse ainsi aux lettrés de l’époque en multipliant les allusions et les citations, au risque de brouiller le sens des œuvres et se répand auprès des cours européennes raffinées. Ainsi, dans La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne et quatre saints (1527-1529) de Pontormo, oeuvre destinée à orner l’autel le couvent des religieuses de Sant’Anna in Verzaia à Florence, l’atmosphère sombre et trouble, les répétitions, notamment dans les figures, mais aussi la position des personnages ainsi que leur immatérialité, remettent en cause la bonne lecture théologique du tableau d’autel pour le croyant. Ce fait entraîne une réaction au sein même des commandes de l’Église, qui reproche au maniérisme cet aspect artificiel et prône un retour au naturalisme et aux bonnes formules albertiennes. Les Carracci illustrent ce retour vers la renaissance classique.

Le maniérisme nécessite alors un savoir sur ce qui a existé avant ce mouvement dans l’histoire de l’art, c’est-à-dire la Haute Renaissance et tout particulièrement en architecture puisqu’un architecte maniériste va à l’encontre des règles d’harmonie définies durant la Haute Renaissance

La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne et quatre saints
Pontormo (1494-1557)

La Montée au calvaire
Toussaint Dubreuil (1561-1602)

C’est ainsi que l’on voit les œuvres maniéristes présenter :

  • un espace désuni, et souvent indéfini ;
  • une image trouble et obscure ;
  • une déformation et une torsion des corps avec notamment l’utilisation de la “ligne serpentine” qui permet un allongement des proportions des figures leur donnant ainsi une douceur langoureuse
  • des tons acides et crus, hérités de Michel-Ange et la chapelle Sixtine à Rome ;
  • une recherche du mouvement ;
  • un art de codes, de symboles, de citations d’artistes classiques ;
  • un art de cour, qui s’adresse à des gens cultivés et lettrés ;
  • une exagération des formes qui caractérise le maniérisme du xvie siècle.

Ainsi, parmi les caractéristiques du maniérisme on retrouve dans la peinture beaucoup de représentations de nus, des postures singulières et complexes mais aussi des musculatures excessives. Le sujet représenté peut être volontairement inexplicable ou alors déterminé à être inintelligible. La scène majeure est disposée dans le fond de la composition ou alors dissimulée au milieu des autres figures qui n’ont pas de liens avec elle. Elle n’a que pour but d’illustrer les talents du peintre. Les perspectives sont amplifiées au maximum, les dimensions et l’échelle sont déformées. Les couleurs sont éclatantes grâce à leurs oppositions.

En sculpture, le maniérisme se définit par une transition de la frontalité dans la perception de la sculpture à une recherche de points de vue variés. Les silhouettes des sculptures sont étendues. Le but recherché est d’observer autour d’une sculpture où chaque point de vue est unique.

Souces: fr.wikipedia.org

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