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Mouvement artistique Cubisme

Mouvement artistique: Cubisme (1907-1921)

Le cubisme est un mouvement artistique du début du XXe siècle, qui constitue une révolution dans la peinture et la sculpture, et influence également l’architecture, la littérature et la musique. Produites essentiellement dans la région parisienne, les œuvres cubistes représentent des objets analysés, décomposés et réassemblés en une composition, comme si l’artiste multipliait les différents points de vue. Elles partagent également une récurrence des formes géométriques et du thème de la modernité.

Développé à partir de 1907 à l’initiative des peintres Pablo Picasso, Georges Braque et dans une certaine mesure Auguste Herbin (« précubisme »), le cubisme connait son apogée lors de la période dite du cubisme analytique (1910-1912) avec des œuvres d’artistes comme Juan Gris, Jean Metzinger, Albert Gleizes, Robert Delaunay, Sonia Delaunay-Terk, Henri Le Fauconnier, Eugène-Nestor de Kermadec et Fernand Léger. Suivi par le cubisme synthétique et l’orphisme (1912) puis interrompu pendant la Grande Guerre (1914 à 1918), le mouvement demeure actif jusqu’au milieu des années 1920, notamment grâce au soutien des marchands d’art Léonce Rosenberg et Daniel-Henry Kahnweiler. Il cède ensuite la place à de nouveaux courants d’avant-garde : le mouvement dada, l’abstraction géométrique, le surréalisme, De Stijl ou encore l’Art déco.

Le cubisme a connu un succès important à travers le monde, donnant parfois lieu à l’élaboration de variantes nationales telles que le cubisme tchécoslovaque. S’il est surtout connu comme mouvement pictural, la sculpture a joué un rôle important dans le développement du mouvement. Après Pablo Picasso, initiateur de la sculpture cubiste dès 1909 (Tête de Fernande), les principaux sculpteurs cubistes sont Alexandre ArchipenkoJoseph CsakyRaymond Duchamp-VillonJacques LipchitzHenri LaurensPablo Gargallo et Ossip Zadkine.

Nature morte à la nappe à carreaux (1915)
Juan Gris (1887-1927)

Metropolitan Museum of Art (le Met), New York, USA

Maisons à l’Estaque (1908)
Georges Braque (1882-1963)

Musée des beaux-arts de Berne, Suisse

Du « Cubisme » (1912)
Albert Gleizes, Jean Metzinger

Le premier manifeste cubiste publié en anglais et en russe en 1913.

L’origine du mot

D’après le marchand d’art Wilhelm Uhde, le terme « cubisme » est un néologisme inventé par Max Jacob, qui participait en juin 1907 avec Pablo Picasso et la compagne de celui-ci Fernande Olivier, Guillaume Apollinaire et Marie Laurencin, à de joyeuses réunions animées par le haschisch et les discours du mathématicien Maurice Princet. En 1908, au cours d’une réflexion, Henri Matisse, qualifie de « cubiste » le tableau de Georges Braque, Maisons à l’Estaque (1907-1908). L’idée est ensuite relayée par le critique d’art Louis Vauxcelles qui, pour décrire ces demeures géométriques, parle de « petits cubes ». Auparavant, dans un contexte similaire, le critique Louis Chassevent, dans son article de 1906 sur Les Artistes indépendants, définit alors Jean Metzinger comme « un mosaïste comme Signac, mais il est plus précis dans sa découpe des cubes de couleurs, qui semblent avoir été fabriqués par une machine ».

L’usage général du terme « cubisme » date de 1911, principalement en référence à Metzinger, Gleizes, Delaunay et Léger. En 1911, le poète et critique Guillaume Apollinaire accepte le terme au nom d’un groupe d’artistes invités à exposer aux Indépendants de Bruxelles. Du “Cubisme”, écrit par Albert Gleizes et Jean Metzinger, est publié en 1912 dans un effort pour dissiper la confusion qui fait rage autour du mot, et comme un moyen de défense majeur du cubisme, qui avait causé un scandale public à la suite du Salon des indépendants de 1911 et du Salon d’automne de 1912. Clarifiant leurs objectifs en tant qu’artistes, ce travail est le premier traité théorique sur le cubisme et il reste encore le plus clair et le plus intelligible.

Le résultat, non seulement une collaboration entre ses deux auteurs, reflète des discussions du cercle d’artistes qui se sont réunis à Puteaux et Courbevoie. Il reflète les attitudes des « artistes de Passy », qui comprenaient Picabia et les frères Duchamp, à qui certains de ces passages ont été lus avant publication5. Le concept développé dans Du “Cubisme” d’observer un sujet à partir de différents points dans l’espace en même temps, c’est-à-dire, l’acte de se déplacer autour d’un objet pour le saisir à partir de plusieurs angles successifs fusionnés en une seule image (des points de vue multiples, la perspective mobile, ou simultanéité), est maintenant un phénomène généralement reconnu pour décrire le cubisme.

Le manifeste Du “Cubisme” par Metzinger et Gleizes a été suivi en 1913 par Les Peintres cubistes. Méditations esthétiques, une collection de réflexions et de commentaires de Guillaume Apollinaire8. Apollinaire avait été étroitement associé à Picasso depuis 1905, et à Braque depuis 1907, mais a donné autant d’attention à des artistes tels que Metzinger, Gleizes, Delaunay, Picabia et Duchamp.

Histoire

Le précubisme (1904-1911)

La période qui précède l’invention du cubisme est qualifiée par les historiens de l’art de « précubisme » ou « proto-cubisme ». Elle s’étend de 1904 à début 1911, qui voit le cubisme se structurer en un mouvement artistique.

L’influence de Cézanne et de l’art africain traditionnel

Le cubisme prend essentiellement sa source dans les travaux de Paul Cézanne, qui cherche à créer un nouvel espace pictural non basé sur une simple imitation du réel. Inspiré par les arts premiers, alors en vogue et qui remettent en cause la tradition picturale occidentale, Cézanne tente de représenter la réalité d’une manière inédite.

Dans une lettre du peintre à Émile Bernard datée du 15 avril 1904, il y expose une conception de l’œuvre picturale qui pose les jalons des théories cubistes :

« Traitez la nature par le cylindre, la sphère, le cône, le tout mis en perspective ; soit que chaque côté d’un objet, d’un plan, se dirige vers un point central. »

Dès 1906, Georges Braque étudie méthodiquement les lignes de contour des tableaux de Cézanne et aboutit progressivement à des compositions qui utilisent de légères interruptions dans les lignes, comme dans Nature morte au pichet (1906-1907) et Maisons à l’Estaque (1907). En 1907, une grande exposition est consacrée à ce dernier, mort en octobre 1906 ; Picasso y assiste et y trouve une source de motivation. Sa correspondance avec Émile Bernard, qui comprend ses théories sur la composition picturale, est alors publiée. L’influence de Cézanne sur les premiers cubistes, dont Picasso, Braque et Metzinger, est telle que certains historiens de l’art parlent d’une période « cézannienne » du cubisme pour désigner les œuvres réalisées avant 1910.

L’art africain traditionnel a également nourri l’imagination et l’inspiration des premiers peintres cubistes. Max Jacob, racontant l’invention du cubisme, évoque l’importance qu’aurait eue une statuette africaine pour Picasso : « Aucun mathématicien n’a servi le cubisme et Apollinaire a été aussi surpris que moi de sa naissance. Le cubisme est né un matin, ou plutôt un soir. Apollinaire, Picasso et moi dinions chez Matisse, lequel montra une statuette nègre. Picasso la regarda longuement et le lendemain en arrivant au 13 de la rue Ravignan, je trouvais sur le plancher de grandes feuilles de papier, études au trait du canon nègre. À partir de ce jour, Picasso s’enfonça dans la méditation et le silence… Bien entendu Apollinaire mit de la très belle littérature autour de ce chou nouveau, comme il en avait mis autour des arlequins. Je crois que ceci se passait en 1906. »

Montagne Sainte-Victoire (1897)
Paul Cézanne (1839-1906)

Musée d’art de Baltimore, USA

Tête de femme (1912)
Amedeo Clemente Modigliani (1884-1920)

Metropolitan Museum of Art de New York

La Ville no 2 (1910)
Robert Delaunay (1885-1941)

Musée National d’Art Moderne, Paris, France

Le cubisme analytique (1910-1912)

De 1910 à 1912, Braque et Picasso resserrent leur collaboration et forment ce que Braque désignera sous le nom de « cordée Braque-Picasso ». Les deux peintres appliquent leurs découvertes simultanément, non seulement aux paysages, mais aussi aux natures mortes et à la figure humaine. Certains de leurs tableaux ne sont volontairement pas signés pour que l’on ne puisse les attribuer ni à l’un ni à l’autre. Braque développe vers 1911 la technique dite des papiers collés.

Ces deux peintres affirment une rupture avec la vision classique déjà entamée depuis trois ans, ce que l’on nommera le « cubisme analytique ». Ils abandonnent l’unicité de point de vue du motif pour en introduire de multiples sous des angles divers, juxtaposés ou enchevêtrés dans une même œuvre. Ils s’affranchissent de la perspective pour donner une importance prépondérante aux plans dans l’éclatement des volumes.

Lors de cette deuxième phase, l’objet est construit selon l’inversion de la perspective et toutes ses facettes sont représentées en fragments. Cette période de recherche se caractérise par un chromatisme très peu saturé (gris, brun, vert, bleu terne). En revanche, la lumière occupe une place très importante et elle se répartit de manière différente sur chaque fragment. Le cubisme analytique concerne essentiellement Georges Braque avec Broc et Violon (1909-1910) et Pablo Picasso avec Le Joueur de guitare (1910).

Le cubisme synthétique (1912-1914)

La période du cubisme synthétique est caractérisée par le retour de la couleur et par l’utilisation de la technique des papiers, compositions picturales formées de plusieurs matières. Le premier papier collé est une œuvre de Georges Braque : Compotier et verre, 1912 (60,8 × 45,7 cm). C’est le prototype d’une invention qui apparait comme telle dans le contrat signé avec Kahnweiler le 30 novembre 1912. Braque lui accorde l’exclusivité de cette production décrite comme des « dessins avec papier bois marbre ou tout autre accessoire ». Le peintre sélectionne les facettes les plus pertinentes de l’objet déconstruit (contrairement à la première phase, où il n’y a pas de sélection). Des éléments de la réalité sont réintroduits, notamment par le collage de papiers ou donnant des indications de matière à l’objet représenté. L’utilisation de matériaux imitant le faux bois, le marbre, l’introduction d’éléments de mercerie fait de ces tableaux des compositions que Picasso adopte à son tour, dès l’année suivante : Guitare et Bouteille de Bass, 1913. ou encore La Clarinette de Georges Braque en 1912, qui annonce ainsi l’étape suivante du cubisme synthétique, avec une utilisation du collage, des couleurs et de la matières utilisés afin de construire l’image.

Braque va approfondir cette technique avec notamment Juan Gris et Henri Laurens, lorsque la « cordée Braque-Picasso » prendra fin. L’aventure cubiste avec Picasso s’arrête quand, en 1914, Braque est mobilisé pour la guerre.

Le cubisme orphique ou l’orphisme (1914-1921)

Le cubisme orphique, est le nom donné par Guillaume Apollinaire à propos des deux principaux représentants de cette forme de peinture qu’il est le seul à rattacher au cubisme, Robert Delaunay et sa femme Sonia Delaunay. Alors que Robert et Sonia avaient créé le Salon des réalités nouvelles à la galerie Charpentier, en 1939, dans le but de marquer Sonia Delaunay « la fin du rackett » des surréalistes. Dans leurs œuvres, la couleur se détache de toute forme et permet la création de cercles concentriques colorés, donnant rythme et vitesse au tableau. Mais ce terme n’a aucun rapport avec le cubisme. C’est une des multiples inventions d’Apollinaire, dont Michel Laclotte considère que le poète ne savait pas très bien de quoi il parlait en inventant ce mot, qui ne correspond à aucun courant.

Nature morte au plat de fruits et à la mandoline (1919)
Juan Gris (1887-1927)

Fondation Beyeler, Bâle, Suisse

Femme se peignant les cheveux (1915)
Alexander Archipenko (1887-1964)

Chazen Museum of Art, Madison, USA

La sculpture cubiste

Si le fruit des recherches cubistes de Picasso concerne d’abord la peinture, dès 1909, La Tête de Fernande, en bronze, représente la version en trois dimensions du cubisme analytique. Pourtant, Picasso, insatisfait, constate que cette tentative n’est qu’une « simple illusion sculptée » de la peinture cubiste. Il cesse donc de sculpter jusqu’en 1912, année où il commence une petite série de Guitares, contemporaine du cubisme synthétique. Il y propose une solution audacieuse et radicalement novatrice reposant sur l’assemblage et l’articulation de matériaux pauvres et hétérogènes (carton, papier, ficelle), appelée à un grand avenir.

Après Picasso, Alexandre Archipenko et Joseph Csaky adhèrent au cubisme en 1911. Jacques Lipchitz est, avec son ami Henri Laurens, le sculpteur le plus typique du cubisme auquel il adhère en 1913. Dans sa phase cubiste, il produit des œuvres aux contours nets et rectilignes qui s’adouciront par la suite. D’autres sculpteurs comme Henri Gaudier-Brzeska, Raymond Duchamp-Villon, Pablo Gargallo, et Ossip Zadkine sont typiques de l’évolution de la sculpture cubiste vers de nouvelles tendances : section d’or, orphisme, purisme… Duchamp-Villon, notamment, auteur d’un projet de « Maison cubiste », avec André Mare et d’autres artistes. Il introduit la notion de mouvement dans son Cheval majeur, produisant l’impression d’une machine vivante. Avec Cheval majeur, il rejoint les préoccupations futuristes.

Techniques et aspects stylistiques

Selon John Golding, historien de l’art et spécialiste du cubisme, « le cubisme est un langage pictural absolument original, une façon d’aborder le monde totalement neuve, et une théorie esthétique conceptualisée. On comprend qu’il ait pu imprimer une nouvelle direction à toute la peinture moderne ».

La peinture cubiste vise à explorer le paradoxe même de la peinture. Comment sur une toile à deux dimensions faire apparaître toute la complexité des volumes. Comment faire pour éviter de figer le sujet et par la même occasion construire une image qui soit aussi solide et durable que le sujet lui-même. Les artistes cubistes ont alors développé des techniques et des méthodes dans le but d’atteindre leurs objectifs.

Parmi elles la plus employée est la technique qui consiste à multiplier les points de vue sur un sujet le tout dans la même toile. Cette méthode est mise au point par Pablo Picasso vers 1909. Une autre nouveauté est l’emploi assez fréquent de tableaux de forme ronde ou ovale. Ce choix s’oppose directement au classique et à l’académisme pictural.

Au début de 1910 Georges Braque commence à introduire dans ses toiles des éléments de trompe l’œil et des imprimés. Cette technique a alors un grand succès auprès des artistes cubistes. Dans la recherche intellectuelle et artistique des œuvres, apparaissent des éléments du réel. Néanmoins cette technique souligne bien le paradoxe de la peinture si cher aux cubistes. L’apparence concrète vient se mêler aux concepts qui sont eux immatériels. Dans les années qui suivent Picasso invente la technique du « collage » et Braque celle du « papier collé ».

Galerie

Le Gondolier (1914)
Alexander Archipenko (1887-1964)

Don de Joseph H. Hirshhorn, 1966

Le caprice des belles (1918)
Alice Bailly (1872-1938)

Femme à la guitare (1917)
María Blanchard (1881-1932)

Musée national centre d’art Reina Sofía, Madrid, Espagne

Tête (1914)
Joseph Csaky (1888-1971)

Centre M.T. Abraham

La Tour Eiffel (1911)
Robert Delaunay (1885-1941)

Art Institute of Chicago, USA

Les amants (1913)
Raymond Duchamp-Villon (1876-1918)

Musée des beaux-arts de Rouen, France

Les Montagnards attaqués par des ours (1912)
Henri Victor Gabriel Le Fauconnier (1881-1946)

Rhode Island School of Design Museum, USA

Artillerie (1911)
Roger de La Fresnaye (1885-1925)

Metropolitan Museum of Art, New York, USA

Violin and Checkerboard (1913)
Juan Gris (1887-1927)

Musée des beaux-arts de Rouen, France

Le modèle (1913)
Lioubov Popova (1889-1924)

Galerie Tretiakov, Moscou, Russie

Baigneuse (fragment) (1931)
Henri Laurens (1885-1954)

Tate Modern, Londres, Angleterre

Baigneuses (1917)
André Lhote (1885-1962)

Musée des Beaux-Arts de Caen, France

Murale de Guernica
Pablo Picasso (1881-1973)

Gernika-Lumo, Espagne

Le bar du port (1913)
Louis Marcoussis (1878-1941)

Musée des Beaux-Arts de Caen, France

Souces: fr.wikipedia.org

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