Mouvement artistique: Baroque (1580-1750)

Le baroque est un mouvement artistique qui trouve son origine en Italie dans des villes telles que Rome, Mantoue, Venise et Florence dès le milieu du VIe siècle et qui se termine au milieu du XVIIIe siècle. Il y a un âge baroque différent selon les domaines, qu’ils soient intellectuels, historiques ou artistiques. Certains critiques y voient une constante culturelle qui revient tout au long de l’histoire

Si la définition du baroque reste ouverte, comme son étude, on peut en proposer l’approche suivante :
Au sens propre, le terme baroque, qui n’a d’ailleurs jamais été utilisé au XVIIe siècle, s’applique à un style architectural créé alors à Rome et qui s’est propagé dans d’autres pays. De l’architecture, ce vocable s’est étendu à la sculpture et à la peinture et aux autres formes de la production spirituelle contemporaine.

Entre la fin de la Renaissance et le baroque, on s’accorde aujourd’hui à insérer la phase maniériste. D’autre part, une esthétique du rococo est en voie d’être clairement définie. Cette restriction du champ d’application du terme baroque semble utile dans l’effort de clarification entrepris.

Le baroque, qui touche tous les domaines, se caractérise par l’exagération du mouvement, la surcharge décorative, les effets dramatiques, la tension, l’exubérance des formes, la grandeur parfois pompeuse et le contraste. L’époque baroque a tenté de dire « un monde où tous les contraires seraient harmonieusement possibles ».

À l’origine, le baroque était un terme péjoratif, relevant de la bizarrerie et de l’étrangeté. L’adjectif « baroque » apparaît au XVIe siècle sous le nom de Berrueco (en Espagne) et Barroco (au Portugal) pour désigner, en joaillerie, une perle irrégulière.

L’Adoration
Pierre Paul Rubens (Musée royal des beaux-arts d’Anvers).
Une structure dynamique de formes qui s’enroulent en spirale autour d’un espace vide, d’éclatantes draperies, un souffle de mouvements éclairés par une flèche de lumière, peints avec une brillante maîtrise émancipée.

Le mot « baroque » pourrait aussi provenir d’un moyen mnémotechnique utilisé à la Renaissance pour retenir la façon de construire, en logique aristotélicienne, un des syllogismes de la deuxième figure, Baroco. La bizarrerie qu’on attache depuis toujours au baroque serait née de cette manière futile et pédante de raisonner, pour finir, au XVIIIe siècle, par désigner « la forme la plus extrême du bizarre »

Il touche tous les domaines artistiques, sculpture, peinture, littérature, architecture, théâtre et musique et se répand rapidement dans la plupart des pays d’Europe.

Évolution du mouvement

Façade de l’église du Gesù à Rome Considérée comme la première église de style baroque (1580, Giacomo della Porta)

Étymologie et origine

Le terme « baroque » vient du portugais « barroco » qui signifie « perle irrégulière ». Les idées germinales du baroque se retrouvent dans le travail de Michel-Ange. Le style baroque débute aux alentours de 1580.

Les historiens de l’art, souvent protestants, ont traditionnellement accentué le fait que le style baroque évoluait à une époque où l’Église catholique romaine réagissait face à plusieurs mouvements culturels produisant une nouvelle science et de nouvelles formes de religions – la Réforme. On a dit que le baroque monumental était un style que la papauté pouvait instrumentaliser, comme le firent les monarchies absolues, en imposant une voie d’expression à même de restaurer son prestige, au point de commencement symbolique de la Contre-Réforme catholique. Que ce fût ou non le cas, son développement eut du succès à Rome où l’architecture baroque renouvela largement le centre-ville ; peut-être la plus importante rénovation urbanistique.

Le terme « baroque » dans son sens actuel, comme la plupart des périodes ou désignations stylistiques, a été inventé postérieurement par la critique d’art (c’est Heinrich Wolfflin qui impose cette catégorie esthétique en 1915 dans ses Principes fondamentaux de l’histoire de l’art) et non par les artistes des XVIe et XVIIe siècles.

Ceux-ci ne se pensaient pas baroques, mais classiques. Ils utilisent les formes du Moyen Âge, les ordres classiques, les frontons, toute une modénature classique issue des modèles gréco-romains. Le baroque est né à Rome à la fin du XVIe siècle. En français, le terme est attesté dès 1531 à propos d’une perle, à la fin du XVIIe siècle au sens figuré. C’est en 1855 que, pour la première fois, le mot est utilisé pour décrire la période et l’art succédant à la Renaissance sous la plume de l’historien d’art suisse Jacob Burckhardt dans Le Cicerone.

L’historien d’art d’origine suisse Heinrich Wölfflin (1864-1945), dans Renaissance et Baroque, définit le baroque comme un « mouvement importé en masse », un art antithèse de l’art de la Renaissance. Il ne fait pas de distinctions entre le maniérisme et le baroque, ce que font les auteurs modernes, et il ignore sa phase plus récente, le rococo qui s’épanouit dans la première moitié du XVIIIe siècle. En France et en Grande-Bretagne, son étude n’est prise au sérieux qu’à partir de l’influence prédominante que Wölfflin acquiert au sein de l’école germanique.

Les historiens de l’art actuels utilisent avec réticence le mot baroque, terme polysémique qui a une signification trop floue et ambiguë.

La diffusion en Europe

C’est grâce à l’implantation de l’Église catholique que l’art baroque se propage en Europe. Il se diffuse au XVIIe siècle dans toute l’Europe, et plus particulièrement en Espagne, Europe centrale et Pays-Bas. En France par exemple Claude Lorrain a peint Port de mer au soleil couchant avec un grand travail de la lumière. Et en Espagne, Les Ménines de Vélasquez. On peut retrouver encore aujourd’hui des traces de ce mouvement baroque partout en Europe, par exemple la façade de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Adoration des Mages
Diego Vélasquez (1599-1660)
Marie et l’Enfant éclairés dans un puissant clair-obscur, devant eux un roi mage agenouillé au premier plan. D’autres personnages sont dans la pénombre.

Le Port de mer au soleil couchant est une œuvre du peintre Claude Gellée dit le Lorrain, réalisée en 1639

La popularité et le succès du baroque sont encouragés par l’Église catholique romaine quand elle décide que le côté théâtral du style des artistes du baroque pouvait promouvoir des thèmes religieux avec une implication directe et émotionnelle.

L’aristocratie laïque considérait également l’effet spectaculaire des arts et de l’architecture baroque comme une façon d’impressionner leurs visiteurs et leurs éventuels rivaux. Les palais baroques sont constitués d’une succession de cours à l’entrée, d’antichambres, de grands escaliers et de salles de réception, dans un ordre de splendeur croissante. De nombreuses formes d’art – musique, architecture et littérature – s’inspirent les unes des autres au sein de ce mouvement culturel.

Le charme du style baroque se transforme consciemment, passant de la finesse, des qualités intellectuelles de l’art maniériste du XVIe siècle au charme viscéral visant les sens. Il emploie une iconographie directe, simple, évidente et dramatique.

Origine

La peinture baroque est née au XVIe siècle en Italie suivant le maniérisme. On peut y voir que les corps des personnages sont très détaillés comme dans L’Archange Michel écrasant les anges rebelles. La perspective joue un rôle important, il y a un grand nombre d’effets de lumières (clair-obscur) et de jeux d’ombre. Les tableaux sont formés de courbes ; on a du mal à repérer l’organisation du tableau du premier coup d’œil.

Caractéristiques

Les principales caractéristiques de cette peinture sont :

  • l’utilisation de couleurs chaudes ;
  • les contrastes de lumière ;
  • l’impression de mouvement donnée par les gestes des personnages et les drapés ;
  • des lignes de force en diagonale ;
  • des personnages communiquant par le regard ;
  • des personnages très expressifs.

Énée fuyant Troie
Federico Barocci (1535-1612)
Une scène d’inspiration classique, figée en pleine action dramatique, où le plan de l’image éclate dans un balayage de perspectives diagonales.

Le style baroque tardif fait progressivement place à une décoration rococo, laquelle, cependant, contraste avec ce que l’on appela plus tard le baroque. Et en opposition au baroque on trouve l’art classique souvent directement assimilé à la France comme un art au service de la Monarchie.

L’Extase de sainte Thérèse
Gian Lorenzo Bernini surnommé le second Michel-Ange
Sculpture en marbre qui représente la transverbération de Thérèse d’Avila.

En sculpture baroque, les ensembles de figures prirent une importance nouvelle, il y eut un mouvement dynamique et une énergie portée par les formes humaines – elles s’enroulent en volutes autour d’un tourbillon central, ou atteignent vers l’extérieur les espaces alentour. À ce titre L’Annonciation (1603-1608) de Francesco Mochi, pour la cathédrale d’Orvieto, représente l’un des tout premiers exemples du genre. De façon novatrice, la sculpture baroque eut plusieurs angles de vue idéaux. Une caractéristique de la sculpture baroque fut d’ajouter des éléments sculptés supplémentaires, par exemple, des éclairages dissimulés ou des fontaines.

Une autre caractéristique de la sculpture baroque serait les piliers en forme de personnages mythologiques. Prenons l’exemple du palais du Belvédère supérieur à Vienne, bâti entre 1721 et 1722. Dans la salle du rez-de-chaussée, la voûte en pavillon est soutenue par des puissants télamons (sorte de titans ayant pris les traits des Turcs), sculptés dans le marbre. Les Turcs ayant été vaincus, il n’était pas rare de trouver ce genre de télamons sculptés dans les résidences baroques d’Autriche.

En sculpture baroque ce fut Le Bernin qui marqua si bien qu’il fût surnommé le « second Michel-Ange », le Bernin était aussi une figure importante de l’architecture baroque.

Souces: fr.wikipedia.org

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